




About
Ingrid von Wantoch Rekowski /
Lucilia Caesar - Performing Arts Laboratory
De nationalité franco-allemande, installée à Bruxelles, Ingrid von Wantoch Rekowski crée des objets scéniques résolument atypiques : opéras, théâtre musical, performances, tableaux vivants…
En 1994, elle fonde Lucilia Caesar, un laboratoire de création qui collabore étroitement avec des artistes de toutes disciplines, élaborant avec eux ses créations. Saisir l’être humain dans ses paradoxes et débordements marque l’enjeu de sa pratique : la tension entre sublime et grotesque, émotion et trivialité, envol et chute. À la croisée des genres et des codes, et non sans humour, ses spectacles proposent un théâtre volontiers baroque, hautement singulier, voire iconoclaste. Où il s’agit le plus souvent de donner corps à la musique.
Lucilia Caesar : le nom, s’il semble évoquer une illustre reine antique, désigne en réalité la mouche dorée – insecte aux reflets métalliques accélérant le recyclage des matières organiques. Ce paradoxe définit l’identité du laboratoire : une beauté née du trivial, un éclat surgissant de ce qui se décompose. Un espace où le sacré rencontre le corps, où la virtuosité accepte la faille et où le sublime côtoie la fragilité du vivant.

Penser la scène comme une partition
Pour Ingrid von Wantoch Rekowski, la musique – classique, pop ou techno – est moteur de la création théâtrale. Elle en est l’architecte. Chaque œuvre naît d’une partition ou s’élabore comme telle, qu’elle soit musicale, picturale, textuelle ou corporelle. Corps, espace, temps, son et image s’entrelacent pour tisser des associations inédites et composer un univers singulier. Au cœur de cette mécanique : l’humain. Fragile, drôle et maladroit, il est traversé par un désir d’élévation mais sans cesse rattrapé par la gravité du quotidien. L’ordinaire y devient extraordinaire, le grotesque côtoie la grâce et la fantaisie visuelle ouvre des espaces de ravissement. Refusant la narration linéaire, son écriture privilégie une expérience poétique et sensorielle qui déplace le regard et trouble nos certitudes. Son théâtre cherche cette « secousse » chère à Roland Barthes : un instant où les perceptions vacillent, où l’humain et le monde apparaissent soudain plus vastes, plus étranges et plus vivants.


Parcours : une œuvre en mouvement
1994–2005 | L’invention d’un langage transdisciplinaire
Avec la fondation de Lucilia Caesar, Ingrid von Wantoch Rekowski affirme une écriture où le son s’incarne et le corps devient musique. Les pièces fondatrices (A-Ronne II de Luciano Berio, Cena Furiosa d’après Monteverdi, Lohengrin de Salvatore Sciarrino, In H-Moll d’après Bach, La Vergine Dei Dolori de Scarlatti) posent les fondements d’un espace où la scène devient pure composition.
2005–2018 | Polyphonies et mythologies
La recherche développe les formes polyphoniques en métamorphose. Artiste associée au Théâtre National de Bruxelles, elle signe Lapsit exillis (d’après les légendes arthuriennes), Raphaël, les sirènes et le poulet (d’après des mythes) et Le Tango des Centaures (d’après Ovide, avec Pascal Quignard et Kris Defoort). La traversée se poursuit avec Le Stéréoscope des Solitaires (J.R. Wilcock), Bug (« quatuor à corps ») et Faux départ (explorant l’épreuve du sprint). Littérature, musique et image y construisent un théâtre de la transformation permanente.
Depuis 2020 | L’exploration de nouveaux territoires
La composition scénique investit de nouveaux champs : l’opéra croise le cinéma avec le pop-requiem Is This the End? de Jean-Luc Fafchamps (créé à La Monnaie). Dancing Queens confronte disco et philosophie (avec Pascale Seys), La revanche de l’Arbre de Patrick Leterme met en scène une œuvre symphonique et chorale, et Miserere se réalise avec le chorégraphe burkinabè Serge Aimé Coulibaly. La trajectoire élargit continuellement ses cadres pour inventer des expériences perceptives inédites.
Rayonnement & transmission
Artiste de renommée internationale, son travail parcourt les scènes majeures :
- Belgique (La Monnaie / De Munt, BOZAR – Palais des Beaux-Arts, Flagey, Kunstenfestivaldesarts, Maison de Rubens / Rubenshuis)
- France (Centre Pompidou, Opéra Comique, Cité de la Musique & IRCAM, Théâtre des Bouffes du Nord, Festival d’Automne à Paris, Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence, Opéras de Lille, Bordeaux, Reims, Normandie-Rouen, Jardins de la Maison Veuve Clicquot Reims, Théâtre National Strasbourg)
- Allemagne (Hamburgische Staatsoper, Staatsoper Stuttgart, Hau Berlin, Bayrisches Staatstheater de Munich)
- Autriche (Mozarteum Salzburg, Wiener Festwochen, Salzburg Biennale)
- Suisse (Zürcher TheaterSpektakel)
- Portugal (Culturgest Lisbonne)
- Italie (Opera San Carlo Napoli)
- Hollande (Hermitage Amsterdam)
- Royaume-Uni (Edinburgh International Festival)
- Etats-Unis (L’Alliance New York)
- Brésil (MUBE à São Paulo)
- Taïwan (National Kaohsiung Center for the Arts Kaohsiung)
Professeure à l’INSAS depuis 2007 et intervenante dans diverses écoles artistiques européennes, elle transmet une approche axée sur la grammaire musicale, l’implication du corps et l’invention de langages scéniques innovants.